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Projet de loi fédéral sur la prostitution UN PROJET DE LOI QUI FAIT CRAINDRE LE PIRE

COMMUNIQUÉ

Pour diffusion immédiate

 

Projet de loi fédéral sur la prostitution

 UN PROJET DE LOI QUI FAIT CRAINDRE LE PIRE

Québec, 5 juin 2014 – Le Projet Intervention Prostitution Québec (PIPQ) et le Projet L.U.N.E. (Libres, Unies, Nuancées et ENSEMBLE) estiment que la voie empruntée aujourd’hui par le gouvernement fédéral est très risquée. La criminalisation de l’achat de services sexuels,  l’interdiction de communication dans un lieu public et l’interdiction de publiciser l’offre de services sexuels ne feront que compromettre la sécurité et les droits des travailleuses et travailleurs du sexe (TDS). Ce projet de loi réintroduit des éléments jugés inconstitutionnels par la Cour suprême du Canada.

D’entrée de jeu, le PIPQ et le Projet L.U.N.E. tiennent à rappeler que l’abolition de la prostitution est illusoire et que de criminaliser cette pratique comporte des risques. Par exemple, la répression des clientEs entraînera inévitablement plus de clandestinité pour les TDS, donc encore plus de risques pour ces personnes d’être victimes de violence et d’abus de toutes sortes, rendant encore plus difficile leur dénonciation. « Pour les intervenantEs, il sera beaucoup plus ardu — voire impossible — de rejoindre les TDS et de leur offrir les services dont ces personnes ont besoin », d’affirmer Geneviève Quinty, coordonnatrice du PIPQ. « L’idée n’est pas de faire la promotion de la prostitution, mais bien d’offrir aux TDS le plus de protection et de sécurité possible. Le projet de loi fédéral va dans le sens contraire », d’ajouter Mme Quinty.

La répression, la judiciarisation et la criminalisation, tant des TDS que des clientEs, ne fonctionnent pas. Des pays ayant adopté cette voie, comme la Suède, sont souvent cités en exemple parce que le travail du sexe semble avoir diminué. « Ce n’est pas vrai, il y en a autant », d’affirmer Amélie Bédard, coordonnatrice du Projet L.U.N.E. « En réalité, le travail du sexe est seulement devenu encore plus invisible, encore moins sécuritaire pour les TDS ou a emprunté d’autres moyens que la sollicitation de rue, comme par exemple Internet ». Selon elle, la véritable question à se poser est de savoir si on a déjà observé que plus de criminalisation permet de réduire ou d’enrayer la prostitution. « La réponse est malheureusement non », de répondre sans sourciller Mme Bédard.

Suivant le récent jugement Bedford, qui est venu invalider des articles de loi criminalisant les activités reliées au travail du sexe, le PIPQ et le Projet L.U.N.E. estiment que plus de tolérance et que des modèles, comme celui de la Nouvelle-Zélande, seraient davantage adaptés aux enjeux que soulève le travail du sexe.

Dans ce modèle, les principaux acteurs et les TDS sont au cœur des prises de décision, permettant ainsi un encadrement plus souple du travail du sexe. « Il faut plus de sécurité, plus de possibilités de dénoncer les abus et il faut surtout faire confiance aux TDS et à leurs alliéEs pour s’organiser et faire respecter leurs droits fondamentaux », d’ajouter Mme Bédard. Finalement, en ce qui a trait à la traite, à la prostitution juvénile et aux autres formes de travail du sexe qui ne concernent pas deux personnes adultes consentantes, il existe des lois et des moyens de les contrer plus efficacement. « Ces moyens doivent être plus et mieux utilisés et, surtout, ils doivent être accompagnés de ressources suffisantes pour être efficaces », de conclure Mme Quinty.

À propos de Projet Intervention Prostitution Québec (PIPQ)

Suite à une recherche-action menée par divers intervenants de la communauté préoccupés par le phénomène de la prostitution chez les jeunes, le Projet Intervention Prostitution de Québec (PIPQ), organisme autonome à but non lucratif, est fondé en 1984. Depuis maintenant un quart de siècle, la mission du Projet Intervention Prostitution Québec (PIPQ) est d’accompagner les garçons, les filles et les femmes en lien avec la dynamique prostitutionnnelle en développant des alternatives et des solutions correspondant à leurs besoins et à leurs choix de vie, en informant les jeunes et la population en général sur les causes et les conséquences de la dynamique prostitutionnelle et en apportant un soutien aux intervenants de la communauté qui travaillent auprès de ces personnes.

À propos de Projet L.U.N.E. (Libres, Unies, Nuancées et ENSEMBLE)

Le projet L.U.N.E est né en 2007 d’une alliance entre le milieu communautaire, une équipe de chercheurs de l’Université Laval et des femmes travailleuses du sexe de rue utilisatrices de drogues injectables. L’organisme a pour mission générale d’intervenir par le biais de l’action communautaire dans une approche par les pairs et ce, dans le but d’améliorer les conditions de vie des travailleuses du sexe de la Ville de Québec. Nous travaillons principalement à offrir aux femmes TDS et utilisatrices de drogues en situation d’itinérance un lieu d’hébergement sécuritaire.

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Sources :

Geneviève Quinty

Coordonatrice Projet Intervention Prostitution Québec

 

Amélie Bédard

Coordonatrice Projet L.U.N.E.

(418) 641-0168

pipq@qc.aira.com

 

Pour entrevues :

Michel Martin

RADAR Communications et affaires publiques

(418) 561-9355

mmartinconsultant@live.ca